 |
|
 |
 |
| la Corse française |
| | La Corse Française.
En 1796, les terres de la commune d'Antisanti se répartissaient en 592 hectares de terres domaniales, 2168 hectares de terres communales et 1460 hectares de terres privées.
A cette époque, la population d'Antisanti commence à croître. Elle est de 373 habitants en 1811.
De 1796 à 1871, les terres domaniales et communales disparaissent au profit de la propriété privée.
La commune d'Antisanti passe à 4733 hectares.
A l'intérieur des maisons, au milieu de la salle commune, existe toujours u fucone, le foyer traditionnel, qui enfume la maison et autour duquel des générations de paysans et de bergers ont vécu. Le marquis de Pastoret l'a vu à Antisanti (8):
"Au milieu de la chambre, un brasero carré dans lequel, entre quatre ais dégrossis, se conservaient des cendres chaudes."
Il a pu apprécier l'hospitalité des habitants d'Antisanti et signale que voulant se rendre à Ajaccio, un jeune antisantais, prétextant avoir à faire dans un lieu voisin, l'accompagna jusqu'à Mezzavia afin de veiller sur sa sécurité :
"Ce ne fut qu'à l'entrée de la plaine d'Ajaccio où le chemin est sûr, uni, facile qu'il nous quitta."
En 1857, Antisanti compte 895 habitants. Le village est devenu l'un des plus peuplés du canton de Vezzani, peu après Vezzani (980 habitants) mais loin derrière Ghisoni pour lequel on compte 1593 habitants et qui est le village le plus peuplé de l'arrondissement de Corte. Corte lui même ne compte que 4926 habitants.
Bien que la culture des céréales laisse beaucoup à désirer et réclame de la part des agriculteurs des perfectionnement utiles (9), les terres ensemencées produisent en assez grande abondance pour satisfaire à peu près aux besoins de la population (10). La culture du blé est prépondérante et assure la richesse du village. En échange d'autres denrées, les marchands des régions voisines, notamment de la Castagniccia, viennent s'y approvisionner. La renommée du pain d'Antisanti se répand dans toute l'île.
Les propriétaires privés les plus importants sont LUCCIARDI, GUERRINI, MARIANI dit FELICIONI, MATTEI OURS, d'Antisanti, et GIACCOBI de Venaco.
Les Lucciardi, Guerrini, Mariani sont des familles importantes qui occupèrent fréquemment des places de maires ou d'adjoints.
C'est dans cette période troublée d'appropriation des terres que sont nées des rivalités familiales et des passions politiques et que se situe l'un des événements les plus dramatiques et les plus sanglants de l'histoire d'Antisanti : l'élection municipale du 13 Janvier 1878.
En 1894, construction de l'église d'Antisanti, petite et de style baroque.
La population d'Antisanti, qui était de 779 habitants en 1867, semble avoir atteint un nouveau maximum avec 827 habitants en 1896.
Antisanti échappe à deux fléaux de l'île : le banditisme et les incendies.
A une exception prés, le bandit Gallochio, il n'y aura pas de bandit à Antisanti.
Du fait de la richesse de ses terres à blé, Antisanti échappera aux incendies. La commune a conservé un maquis luxuriant dont l'exploitation constituera une ressource économique importante, à travers le charbon de bois, dans la première moitié du XXèmesiècle.
Vers 1900, la commune d'Antisanti compte 159 maisons dont 18 à Campu a u Querciu, 26 fours à pains dont 15 au village, 6 pressoirs à huile et 3 moulins dont 2 à Antisanti.
C'est en 1903 que sera terminée la première route permettant d'atteindre Vivario en 5 heures par cabriolet (11,12). Et encore, cette route ne fut achevée que grâce à la bonne volonté de tous les villageois qui réalisèrent eux-mêmes le dernier tronçon afin de permettre le passage d'un convoi ramenant le corps du Lieutenant Colonel Ange François Lucciardi , décédé à MADAGASCAR à l'âge de 39 ans. Il était né à Antisanti, le 28 mars 1864 et était décoré de la légion d'honneur.
Selon le recensement de 1911, Antisanti compte 823 habitants (Casevechje possède une population élevée de l'ordre de 256 habitants). On trouve encore 33 chevaux, 60 mulets, 50 ânes, 50 bœufs, 190 vaches et veaux, 685 brebis et 925 chèvres comme l'indiquent les Statistiques agricoles de l'époque. Par rapport aux valeurs de 1770, la force animale est constante, mais les troupeaux de chèvres et de brebis ont fortement augmenté et atteignent un maximum.
En 1914, 26 jeunes Antisantais sont tués à la guerre. Commence alors pour Antisanti un long déclin qui s'accélérera après 1920 à cause d'une augmentation de la vague d'émigration masculine et du déclenchement de l'émigration féminine. Les terres non cultivées retournent définitivement au maquis.
Lors de la deuxième guerre mondiale, de nombreux antisantais participent à la résistance et à la libération de la Corse. En 1943, Muniglia sera le théâtre d'un affrontement entre maquisards et soldats allemands prés du terrain d'aviation de Puzzichellu. L'accrochage fera un mort du coté allemand et se terminera par le bombardement des hameaux de Campo Favaju et de Muniglia par l'artillerie allemande.
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| la tête de Maure |
| | histoire de la tête de maure
La tête de maure.
Il existe de nombreuses formes et représentations aptes à symboliser dans l'imaginaire des gens l'île de Corse ; citons ainsi, la forme de l'île (poing au pouce relevé), le mouflon, la silhouette de l'Empereur Napoléon 1er ou ses diverses représentations...
Toutefois, aucune d'entre elles ne pourrait mieux représenter notre île que la fameuse tête de maure (testa maura) qui reproduite sur le drapeau (a bandera) est le seul emblème officiel.
Malgré tout si le dessin est célèbre, son origine l'est moins et nul ne saurait avancer avec suffisement de certitudes une explication quant à la provenance de ce visage noir au front ceint d'un bandeau blanc.
Loin de vouloir vous imposer la nôtre, nous aborderons donc toutes les explications.
Le Choix de la tête de maure.
Seule certitude : la Corse en fera le choix définitif lors de la Consulte du 24 novembre 1762 ; hélas nul ne peut savoir quelles étaient les motivations des membres de la Consulte lorsque en ce jour d'automne ils décidèrent de donner à la Corse un tel emblème.
Tout au plus peut on avancer sans risque de se tromper que les raisons de ce choix sont à rechercher plus dans l'histoire ancienne de la Corse que dans le contexte de 1762 ; d'autant que si le choix de sa représentation définitive sera fait en 1762 la tête de maure est connue depuis bien plus de temps dans l' île de beauté.
Pourquoi la tête de maure :
Il semble unanimement convenu que l'origine de la tête de maure soit à chercher dans une victoire remportée face à un envahisseur sarrasin. Mais par qui ?
Pour les uns cette tête symbolise la victoire des corses lorsque les sarrasins venaient piller la Corse au cours du IXe siècle, pour d'autres elle est l'héritage de la domination du roi d'Aragon (dont les armoiries comportaient 4 têtes et a qui la Corse fut confiée en 1297) qui lui avait remporté une victoire, pour d'autres encore nous la devons à l'Empereur Charlemagne qui aurait débarrassé l'île des sarrasins.
Les légendes corses ont quant à elles retenu une version flatteuse pour les habitants de Corse puisque la tête de maure représenterait une victoire acquise aux portes d'Aléria face à l'envahisseur mauresque.
L'histoire débute avec l'enlèvement d'une jeune fille par un cruel chef sarrasin, cette jeune fille aurait par la suite été délivrée par son fiancé venu la rechercher dans les possessions espagnoles du dit chef.
Par esprit de vengeance ce dernier aurait alors envoyé une partie de ses hommes dirigée par lui plus féroce de ces lieutenants récupérer la jeune fille par la force. L'armada maure débarqua alors aux environs de Piana et, semant la désolation sur son chemin, serait arrivée au bout de plusieurs jours de marche au portes d'Aléria.
Le fiancé qui avait été averti de l'arrivée des maures avait battu le rappel et les habitants de la ville se tenaient près à en découdre. La bataille s'engagea à distance mais bien vite les corses ne virent l'unique échappatoire que dans un combat au corps à corps, et à la nuit tombée au milieu d'une multitude de morts et blessés la tête du chez sarrasin se tenait là, plantée au bout d'une pique.
Emplis d'une joie justifiée, les vainqueurs auraient fait, durant plusieurs jours, le tour de l'île pour montrer la tête de village en village, en la tenant dans un drap blanc.
Évolution de la représentation.
Il n'y a pas que l'origine de l'emblème qui soit sujette à débat, la représentation en elle-même fait l'objet de controverses que nous allons à présent aborder, mais en guise de préliminaires rappelons l'unique caractéristique certaine : seule est représentée la face gauche du visage n'en déplaise aux publicitaires actuels).
La position du bandeau pose quant à elle problème, recouvrait-il les yeux ou pas ? Une version romantique pose en vérité que le bandeau couvrait à l'origine les yeux mais que Pascal Paoli aurait décidé de relever ce bandeau (signe d'esclavage) sur le front, symbolisant de la sorte la libération de la patrie.
Parmi ceux partisans de la théorie du bandeau déplacé, on en trouve également qui pensent que c'est à une décision de Théodore de Neuhoff (alors roi de Corse) que l'on doit la position actuelle du bandeau, puisque sauvé par son esclave noir d'une tentative d'assassinat il aurait demandé cette faveur en guise de reconnaissance.
Pour d'autres enfin, le bandeau n'aurait jamais été positionné sur les yeux mais cette croyance serait due au fait qu'initialement n'était représentés ni les yeux ni les oreilles, par conséquent l'imaginaire collectif aurait analysé le rajout ultérieur de ces d étails comme un changement de position du bandeau.
Et vous de toutes ces explications laquelle préférez-vous ?
|  | | > Commentaire(2) | |
 |
 |
| les eaux bienfaisantes |
| | Puzzichellu
Ici Puzzichello, là Guagno, Guitera,
Plus loin Pietrapola, le vallon d'Orezza,
Offrent à nos douleurs de généreuses sources.
.........
Venez et plongez-vous dans l'onde bienfaisante ;
Vous aurez votre part de sa vertu calmante.
Casimir de L'Église de Félix,
"Souvenirs de la Corse, de 1852 à 1867",
impr. de Ollagnier, Bastia, 1868
Comme le signale le N°7 de la revue municipale en date du mois de Juillet 2000 :
"La commune d'ANTISANTI a pris l'initiative de relancer la source thermale de PUZZICHELLO. En partenariat avec la commune d'AGHIONE, un SIVU a été créé.
Les représentants des deux communes se sont réunis à la mairie d'AGHIONE le 22 mai 2000 pour formaliser cette décision.
Le maire d'AGHIONE, M Jean BALDOVINI, a été élu président, et Mme Marthe MARIANI vice-présidente.
L'objet du SIVU est la relance du site thermal, avec le Département, propriétaire de la source, et la mise sur pied d'un projet simple, réaliste et rapide.
La mise en valeur de ce site est de nature à participer au développement économique de la commune."
Située à quelques kilomètres d'Aléria, à la limite des communes d'Antisanti et d'Aghione, le site de Puzzichello doit être connu depuis les temps les plus anciens de la Corse.
Cependant, selon certains auteurs, les romains n'avaient pas découvert les propriétés curatives de la source froide de Puzzichello. En effet, ils n'auraient utilisé que les propriétés thermiques des eaux chaudes, ne recherchant pas une action curative interne, mais seulement le bien être de l'effet balnéaire.
Plus près de nous, ces bains paraissent avoir été fréquentés par de nombreux baigneurs dès la plus haute antiquité (1) et tout au moins avoir été exploités depuis le commencement du dix-huitième siècle (2).
Thomasina CAMPBELL, visitant la Corse en 1868, raconte une curieuse histoire quant à la découverte des propriétés des eaux de Puzzichello (3):
"D'après la tradition la forte odeur du soufre qui s'échappait des sources, éloignait les paysans effrayés, et les chèvres seules, voulaient s'approcher de la colline d'où coulaient ces eaux. A l'époque d'une drieuse épizootie survenue aux troupeaux de la plaine d'Aleria, un chevrier remarqua que quelques unes de ses bêtes allaient souvent se plonger dans ces eaux, et qu'en quelques jours les ulcéres dont elles étaient atteintes disparaissaient entièrement : ayant soumis les autres chèvres malades au même traitement, elles ne tardèrent pas à être guéries comme les autres."
Il semble que les premiers scientifiques qui se soient intéressés aux propriétés des eaux de Puzzichello soient O'Henry et Poggiale en 1852.
L'année suivante, dans sa délibération du 24 Août 1853, le Conseil Général de la Corse émet la proposition suivante qu'elle adresse au Ministre de l'Agriculture :
"On ne peut parvenir à connaître tout le parti que l'on peut tirer des eaux minérales, si elles ne sont étudiées sur les lieux par des hommes spéciaux, possédant les connaissances les plus étendues en hydrologie.
Il semble au Conseil général que M. Constantin James, auteur d'un ouvrage remarquable ayant pour titre : Guide pratique aux eaux, pourrait entreprendre cette étude avec succès, et que les résultats seraient d'une grande utilité pour la Corse et pour les malades du midi de la France.
Il prie donc Son Excellence le Ministre de l'Agriculture et du Commerce d'engager le savant distingué dont il est parlé, à se rendre dans le département, afin d'y étudier l'action thérapeutique de toutes les eaux minérales, près des sources mêmes, et de publier ensuite le résultat de ses études et de ses expériences."
C'est ainsi que durant l'année 1854, Constantin James fera le voyage de Paris à Aleria pour étudier la composition et les propriétés des eaux de Puzzichello. Il décrira ainsi son voyage (4) :
"Pour aller de Paris en Corse, il faut de 40 à 42 heures, soit 20 heures en chemin de fer jusqu'à Marseille et le reste en bateau à vapeur jusqu'à Ajaccio ou Bastia. Voilà du moins ce qu'on vous promet ; mais la traversée exige habituellement beaucoup plus de temps. Ainsi j'ai mis 32 heures pour aller de Marseille à Ajaccio."
Au sujet des eaux de Puzzichello, il écrira (1):
"Il y a deux sources principales. On est averti de leur nature sulfureuse par l'odeur caractéristique qu'elles répandent au loin. Elles sont voisines l'une de l'autre, toutes dent froides à 14 degrés centigrades ; leur saveur est styptique. L'une de ces sources a une limpidité parfaite, l'autre offre une teinte un peu grisâtre par suite de quelques flocons sulfureux qu'elle tient en suspension.
D'après la remarquable analyse de M. Loetscher, professeur à l'école Paoli, ces eaux contiennent par litre 0 gramme 0473 de gaz sulfhydrique, quelques sels à base de soude et de magnésie, et une matière bitumineuse particulière ; elles laissent dégager au griffon de l'acide carbonique et du protocarbure d'hydrogène ; enfin elles seraient riches en barégine. Cette eau paraît douée d'une grande énergie. Bue à la dose de plusieurs verres, elle éveille l'appétit, produit une sensation agréable de chaleur qui se répand vers toute la périphérie du corps, accélère le mouvement du sang et augmente les sécrétions.
Chez quelques malades, elle purge légèrement dans les premiers jours ; chez presque tous, elle ne tarde pas à congestionner les plexus veineux du rectum, ou même à provoquer un flux hémorroïdal. Puzzichello n'est pas sans quelques analogies avec Schinznach.
Puzzichello jouit d'une grande efficacité dans le traitement de la plupart des maladies cutanées, surtout quand elle s'accompagnent d'ulcérations atoniques et serpigineuses.
On a vu également à Puzzichello des goutteux qui se sont trouvés à merveille de ces eaux.
Elle favorisent la disparition des tophus et rendent les attaques plus rares et moins douloureuses.
D'autres états morbides sont plus ou moins profondément modifiés par les eaux de Puzzichello. Ce sont les éruptions répercutées, les anciens flux supprimés, surtout le flux hémorroïdal, à cet égard, nous n'hésitons pas à mettre Puzzichello sur la même ligne que Marienbad. Ce sont encore les accidents syphilitiques ou mercuriels, les scrofules, tumeurs indolentes et certains engorgements des viscères abdominaux. Ces eaux offrent par conséquent à la thérapeutique de très précieuses ressources.
Or combien peu de médecins, même en France, savent seulement qu'elles existent !"
Et en 1867, dans son "Guide pratique aux eaux minérales et aux bains de mer", il écrit (4):
"Les eaux de Puzzichello sont situées prés de Casaghianda, non loin du chemin de Ceinture qui longe la côte orientale de la Corse. Il y a deux sources principales, voisines l'une de l'autre, toutes deux froides (14°C) ; leur saveur est styptique et nauséeuse. Elles renferment 0lit,030 de gaz acide carbonique libre et des carbonates alcalins. J'y ai trouvé de plus une matière bitumineuse particulière.
Puzzichello possède un établissement thermal comprenant dix-sept baignoires, une piscine, une douche ascendante, deux buvettes et une salle pour l'emploi du limon des sources.
Bue à la dose de plusieurs verres, cette eau purge légèrement dans les premiers jours ; souvent aussi elle congestionne le plexus veineux du rectum ou même elle provoque un flux hémorroïdal. Les bains sont toujours administrés conjointement avec la boisson.
On traite avec succès à Puzzichello la plupart des maladies cutanées, surtout quand elle s'accompagnent d'ulcérations atoniques et serpigineuses. L'action des bains est puissamment secondée dans ce cas par l'application, sous forme de topique, du limon des sources pur ou incorporé dans de l'axonge. On en recouvre les surfaces dénudées, et bientôt celles-ci s'animent, se détergent et se cicatrisent.
Puzzichello n'est qu'à une petite distance d'Aleria. On visitera avec intérêt les ruines de cette antique cité, fondée par Sylla, et tant de fois ravagée par les divers peuples qui ont conquis la Corse sans la subjuguer."
A cette époque, le nouvel hôtel de Puzzichello offre un confort rustique (5):
"Du Migliaciaro nous allâmes à Puzzichello en chassant le long des maquis. Nous entrâmes au soleil couchant dans une petite vallée au-dessus de laquelle se dessinait une vaste maison blanche. C'est l'établissement de bains d'eau minérale de Puzzichello. Le régisseur nous fit préparer deux petites chambres propres, blanchies à la chaux et garnies de lits en fer."
Mais la décoration et le mobilier de l'hotel de Puzzichello sont ceux d'un palace par rapport aux cabanes misérables qu'habitent alors les bergers (5):
"Dans un rayon d'une lieue autour de Puzzichello sont répandues quelques cabanes de bergers dont les chiens à oreilles droites et à longs poils servent à la fois de meute et de limiers. Les cabanes de ces pasteurs sont construites de quelques pieux fichés en terre, sur lesquels on établit un lit de bruyères et de cistes ; on recouvre le tout d'une couche de terre de façon à intercepter tout à fait la circulation de l'air. J'ai vu de ces cabanes qui contenaient des familles de sept à huit personnes. Le feu est placé devant la porte qui sert en même temps de cheminée. A coté de l'habitation, une cave grossièrement construite sert à enfermer les fromages."
En 1857, dans un ouvrage remarquable, Jean de la Rocca vante les mérites des bains de Puzzichello et les améliorations apportées par le propriétaire Philippi (1):
"Les eaux de Puzzichello, situées dans un vallon, non loin du chemin de ceinture qui longe la côte orientale de la Corse sont très-efficaces et ont été fréquentées par de nombreux baigneurs dès la plus haute antiquité. Les sources sont au nombre de deux et jaillissent du pied d'une colline située du côté de la mer, à une petite distance d'Aleria : de là des conditions de salubrité laissant malheureusement beaucoup à désirer.
Dans le principe il y avait à Puzzichello peu de confortable ; à peine remarquait-on quelques piscines mal conditionnées où on se baignait pêle-mêle et quelques misérables tentes couvertes de broussailles. Depuis 1840 les choses ont changé. M Philippi propriétaire de ces eaux a fait construire un établissement thermal qui ne manque pas d'avoir une certaine élégance ; il se compose de dix-sept baignoires.
A peu de distance de cet établissement on remarque, au delà d'un ruisseau qui se jette dans le Tagnone, un magnifique édifice qu'habitent les baigneurs.
Ces deux établissements sont entourés de beaux jardins, de belles plantations qui récréent d'autant plus la vue que la plaine environnante offre le triste spectacle d'une vaste plage déserte, sans habitation ni culture.
Il y a Puzzichello deux saisons, comme à Pietrapola. La première commence le 1er mai et se prolonge tout au plus jusqu'à la fin de juin. La seconde s'ouvre vers le 15 septembre et se ferme le 30 octobre."
Cependant, en 1881, énumérant les ressources de la Corse et après avoir vanté les bienfaits de l'eau d'Orezza, Victor-Adolphe Malte-Brun, ancien secrétaire général de la Société de Géographie de Paris, n'accorde que quelques mots à la source de puzzichello (6):
"Du même coté, et près d'Aleria, il y a une autre source d'eau sulfureuse froide, riche en gaz acide sulfhydrique. Elle est connue sous le nom de Puzzichello."
Il est vrai qu'il s'agit d'un ouvrage plus général et que chaque département est traité en une trentaine de pages.
En 1889, le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales décrit les propriétés des bains de Puzzichello et indique la présence de trois sources (2):
"PUZZICHELO (EAUX MINERALES DE). Athermales ou prothothermales, amétallites, ferrugineuses faibles, sulfureuses faibles (en Corse, dans l'arrondissement de Corte, à 80 kilomètres de Bastia, dans la commune d'Antisanti). La saison thermale commence le 15 mai, s'interrompt en juillet, et reprend le 1er octobre pour se terminer à la fin de novembre. La saison est interrompue pendant les mois de juillet, d'août et de septembre, à cause surtout de l'apparition de fièvres intermittentes, endémiques alors dans la contrée. Trois sources, exploitées depuis le commencement du dix-huitième siècle, émergent d'un terrain argilo-calcaire. La principale se nomme : Acqua grigia (eau grise), la seconde, Acqua solforosa (eau sulfureuse), la troisième, Acqua ferruginosa (eau ferrugineuse). Ces sources, quoiqu'elles soient très rapprochées l'une de l'autre et sortent d'un terrain à peu près semblable n'ont pas les mêmes propriétés physiques. Les deux premières se rapprochent beaucoup par leur composition chimique, mais la troisième, dont le point d'émergence est le plus éloigné, a toutes les qualités d'une eau naturellement ferrugineuse. L'acqua grigia a une grand limpidité, malgré sa coloration? L'eau de la seconde a un aspect louche, surtout quand on la voit en masse ; il semble qu'elle est mêlée à une petite quantité de lait. Ces deux sources sont traversées par des bulles gazeuses très distinctes. Les unes sont grosses et composées d'acide carbonique et d'azote ; les autres sont très fines et sont formées par de l'hydrogène sulfuré. Elles ont toutes deux une odeur et une saveur très hépatiques ; elles laissent déposer de nombreux flocons et quelques filaments assez ténus, composés : les premiers par de la barégine, et les seconds par de la sulfuraire. La température est de 17°,4 centigrade. La densité de l'eau de ces deux sources examinée au griffon est de 1,0165 , tandis qu'elle est dans les réservoirs de 1,00280. Leur débit en vingt-quatre heures est de 15000 litres. Lötscher en a fait en 1851 l'analyse chimique. Il a trouvé, dans 1000 grammes de l'eau de l'Acqua grigia, les principes suivants :
Bicarbonate de chaux
Bicarbonate de magnésie
Sulfate de soude
Sulfate de chaux
Sulfate de magnésie
Chlorure de sodium
Chlorure de magnésium
Acide silicique
Matière bitumineuse
Glairine
Total des matières fixes
Gaz : acide sulfhydrique
azote
0,2175
0,1010
0,1314
0,0999
0,0107
0,0692
0,0124
0,0099
0,0045
quant.ind.
0,6865
0lit,030
quant.ind.
ETABLISSEMENT. L'établissement de Puzzichello est très bien installé et sur la hauteur qui est en face se trouve la maison où habitent ceux qui viennent faire la cure. On y jouit d'une rue magnifique. L'établissement abrite deux belles vasques qui servent à la fois de buvettes et de réservoir pour l'eau destinée aux bains et aux douches. Il contient encore dix-sept cabinets, munis chacun d'une baignoire, et une salle, au milieu de laquelle ont été creusé une belle et grande piscine et deux cabinets : le premier est munie d'appareils de douches ascendantes, et le deuxième, de douches descendantes et horizontales. Une cloison est entre la pièce des douches descendantes et les deux chaudières dans lesquelles on chauffe artificiellement l'eau des sources sulfureuses de Puzzichello. L'établissement se complète par une salle spéciale où s'administrent les bains de barégine ou de sulfuraire ; ces principes servent quelquefois en cataplasmes.
MODE D'ADMINISTRATION ET DOSES. Les eaux sulfureuses de Puzzichello se prennent à une dose qui, en général, ne dépasse pas trois verres ingérés le matin à jeun, de demi-heure en demi-heure. Nous ne donnons aucun détail sur l'administration de l'eau de la source ferrugineuse, qui rentre dans la loi commune des autres eaux bicarbonatées martiales. L'effet physiologique le plus saillant des eaux sulfureuses de cette station est la purgation qu'elles déterminent même lorsqu'elles sont ingérées en quantité peu considérable, tandis que les eaux sulfureuses constipent le plus souvent. La durée des bains de baignoire ou de piscine varie d'une demi-heure à une heure ; celle des douches de cinq à quinze minutes. Les cataplasmes du limon des sources restent en contact immédiatement avec la peau pendant un temps plus on moins prolongé, suivant les résultats que l'on veut produire. Ces cataplasmes doivent être recouverts de gaze ou d'étoffe légère, quand ils déterminent une irritation trop violente.
EFFETS PHYSIOLOGIQUES ET THERAPEUTIQUES. Toutes les eaux minérales sulfureuses sont excitantes, surtout quand elles ne renferment ni barégine ni sulfuraire. Les eaux de Puzzichello agissent comme les eaux sulfureuses ordinaires malgré la quantité notable de glairine et de sulfuraire qu'elles contiennent en solution on qu'elles laissent précipiter. Ainsi ces eaux, surtout en bains, sont excitantes des systèmes sanguin et nerveux. Les bains, les douches et les cataplasmes manifestent promptement leur activité sur les parties de la peau avec lesquelles ils sut en contact. Cette action irritante s'observe même sur les animaux. A l'intérieur, ces eaux congestionnent promptement les veines hémorroïdales ; à l'extérieur, elles détergent vite les ulcères atoniques et favorisent la formation de bourgeons charnus. L'excitation étant la caractéristique des sources de Puzzichello, les médecins de cette station les emploient avec le plus de profit dans les maladies cutanées qui doivent être ramenées à un état aigu ou subaigu."
Enfin, dans une conférence donnée en 1973 à Cervioni, le Dr Alain Guermonprez répertorie les propriétés thérapeutiques des eaux de Puzzichello et signale quant à lui la présence de quatre sources (7):
"SITUATION.
Les bains de PUZZICHELLO sont situés sur la commune d'AGHIONE. La station comprend quatre sources.
Les sources exploitées ont un débit de 15 000 litres par jour. Leur captage est très simple, quasi naturel. Elles sont distantes d'un mètres. Leur composition chimique est différente.
Source gauche : elle jaillit de la roche par une gargouille simple de pierre. Au toucher, l'eau est très onctueuse. Son aspect est légèrement trouble, louche, de couleur opaline. Elle charrie d'abondants flocons gris de nature bitumineuse et de la glairine. En aval, après un contact avec l'air elle devient nettement trouble et laiteuse.
Source de droite : de débit à peu près identique à la précédente. Son eau est limpide et claire.
Dans ce vallon encaissé, l'odeur d'hydrogène sulfuré, émanation des sources, est très prononcée. Elle est perçue de loin. Au goût, les eaux sont aigrelettes et amères mais non désagréables. Leur température d'émergence est de 17°.
PROPRIETE THERAPEUTIQUE.
INDICATION :
Les eaux de PUZZICHELLO sont comparables aux eaux d'ENGHIEN et ALLEVARD quoique plus riche en H2S.
Leur composition chimique présume de leurs vertus thérapeutiques qui sont très puissantes.
ACTION GENERALE :
Leur rôle dans la nature paraît de première importance. Il y a d'abord une action ANAPHYLACTIQUE démontrée expérimentalement, mais ses trois effets primordiaux sont :
1. une action plastique ou anabolique. Le soufre qui fait partie intégrante de chaque molécule organique, et en particulier de l'hémoglobine, agit sur la trophicité générale de l'organisme.
2. Une action énergique ou catabolique. Le soufre ne pénètre dans l'organisme que sous forme d'hydrogène sulfuré par le tube digestif, la peau, très oxydé.
3. Une action sur le système nerveux végétatif.
ACTION LOCALE :
Quelque soit son mode d'adsorption, le soufre s'élimine au niveau de la muqueuse respiratoire sous forme d'hydrogène sulfuré.
1. Sur les sécrétions qui après exacerbation au cours de la crise thermale se tarissent.
2. Sur la circulation par vasodilatation de la muqueuse.
3. L'hydrogène sulfuré agirait sur les terminaisons nerveuses en les anesthésiant, en calmant la douleur et l'irritabilité de la muqueuse.
4. Enfin, expérimentalement, les eaux sulfurées agiraient en décontractant la bronche isolée.
5. Nous rattacherons à cette action modificatrice le rôle fibrolytique que joue le soufre sur l'élément soléreux si important dans les maladies respiratoires.
En O. R. L.
Coryza chroniques coryza aigus, à répétition, ozène et rhinite atrophique simple, rhinites congestives et hyperesthésies pituitaires.
Rhino-pharyngites chroniques, pharyngites chronique granuleuse ou hypertrophique, amygdalite lacunaire caséeuse, hypertrophie des amygdales de l'adulte et de l'enfant, hypertrophie localisée ou diffuse des végétations.
Surdités rhinogènes.
Laryngites chroniques, catarrhale, granuleuse ou hypertrophie, dans les laryngites chroniques où le traitement hydrominéral est le seul efficace.
En PNEUMOLOGIE.
Bronchite chroniques catarrhales essentielles ou séquelles d'une maladie infectieuse déterminée.
Dilatation des bronches avec broncorrhées importantes.
Emphysème pulmonaire, asthme bronchique.
En RHUMATOLOGIE.
En DERMATOLOGIE.
L'eczéma chronique (forme sèche et squameuse) est l'affection qui en bénéficie le plus.
Le psoriasis pour sa part doit demeurer une indication de choix car l'association soufre-soleil est excellente dans cette affection.
Citons encore parmi les affections dermatologiques :
· Acné
· Prurigo
· Urticaire
· Pityriasis
· Impétigo
· Furonculose
· Ulcérations atones, ulcère variqueux
· Kératose, parakératoses diffuses (ichtyose) ou régionales.
EQUIPEMENT.
L'établissement thermal de PUZZICHELLO était pittoresque et typiquement corse. Il était composé de lauzes (plaques de micaschistes qui recouvrent les toits en architecture traditionnelle corse)."
Ce que ne disent pas ces auteurs, c'est l'activité des bains et la vie des curistes et des employés. On nous a signalé, par exemple, que la boue était extraite par des enfants dans un souterrain qui passait sous les baignoires.
L'histoire des bains de Puzzichello prit fin avec la deuxième guerre mondiale et l'occupation de l'hôtel par les soldats allemands qui détruisirent la station thermale en 1943.
N.B. : Les anciens Antisantais et les plus jeunes connaissent une autre source plus proche du village, à environ 3 Km à vol d'oiseau des bains, à deux pas du lit du Rio Magno, et nommée elle aussi Puzzichello.
Jean de La Rocca, La Corse et son avenir, Plon Editeur, Paris, 1857
Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Deuxième série. Tome vingt-septième. Pou-Pyx / [publ.sous la] dir. de MM.A. Dechambre [et] L. Lereboullet ; dir.adjoint L. Hahn, Masson Ed, 1889
Thomasina, M. A. E. CAMPBELL, Notes sur l'île de Corse en 1868, J. POMPEANI et LLUIS Ed., Ajaccio, 1872.
Dr Constantin James, Guide pratique aux eaux minérales et aux bains de mer : contenant la description des principales sources et des principaux bains, des études sur l'hydrothérapie, un traité de thérapeutique thermale ; et augmenté d'une Notice sur les stations d'hiver, Masson Ed, paris, 1867
Charles Reynaud, Un hiver en Corse, récits de chasse et scénes de la vie des maquis, Revue des deux mondes, 1853, T. 3, P 118-146
Victor-Adolphe Malte-Brun, La France illustrée, Tome 2, J.Rouff Ed, Paris, 1881.
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| préhistoire |
| | LA CORSE PREHISTORIQUE
---------------------------------------
Dans l’histoire récente de la Corse de Paul Arrighi, Roger Grosjean, Directeur du centre de la préhistoire en Corse, fournit des renseignements précieux sur les premiers habitants de notre île et nous invitons nos lecteurs à consulter les chapitres qu’il leur consacre.
Nous nous contenterons d’évoquer ici, en quelques lignes, ce lointain passé.
Il y a des millions d’années, un continent, la Tyrrhénie, disparaissait sous les flots, ne laissant émerger que quelques reliques, parmi lesquelles, la Corse était l’une des plus remarquables. Les premiers hommes qui de la côte orientale de la mer Tyrrhénienne la virent se profiler dans les feux du soleil couchant admirèrent sa silhouette majestueuse et ses hauts sommets casqués de neige.
Pendant des millénaires, elle vécut vierge de pas humains sous la garde des aigles qui tournoyaient dans son ciel lumineux. C’est probablement à l’aurore de l’époque néolithique que radeaux et pirogues y amenèrent les premiers hommes.
Ils y découvrirent des étangs et des cours d’eau poissonneux, des forêts giboyeuses, des richesses de miel dans les troncs creux des vieux arbres, des pacages abondants pour nourrir leurs troupeaux, en hiver, le long des côtes tièdes et, en été, dans de frais alpages.
Vers le III eme millénaire de notre ère, des peuplades du mégalithique y élevèrent des « stentere », ou menhirs, et des « stazzone », ou dolmens.
Après eux vinrent les hommes de l’âge de bronze. Etaient-ce des Atlantes, des Lydiens, des Shardanes, des Lybiens ou simplement des Ibères et des Ligures ? Ces derniers s’y multiplièrent et constituèrent le fonds de la race corse.
Plus tard toutes les flottes qui sillonnaient la méditerranée y firent escale. Dans les œuvres des écrivains qui prirent part à ces voyages, nous trouvons les sources antiques relatives à la Corse.
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| la Corse romaine |
| | LA CORSE ROMAINE
-------------------------------
Au cours des premiers siècles de l’Antiquité, les Phocéens, les Carthaginois, les Etrusques et les Syracusains se disputèrent la possession de la route maritime, reliant le Proche-Orient au monde occidental et fondèrent, sur les côtes orientales de la Corse des comptoirs tels que Portus Syracusum (Porto Vecchio), et Alalia (Aléria).
En 565 av. J. C. des Phocéens, venant probablement de Marseille, s’établirent à l’embouchure du Tavignano. Par Aléria la Corse entra dans l’histoire. Ce comptoir devint prospère et excita la jalousie des Etrusques et des Carthaginois qui s’entendirent pour s’en emparer. Leurs flottes furent repoussées à la bataille de l’Alia, mais celle des Phocéens subit des pertes si considérables qu’ils prirent le parti de quitter la Corse. L’île continua à vivre sous l’égide de la civilisation hellénique. Elle accorda aux étrangers qui abordaient ses côtes une large hospitalité. Ils leur offraient des objets manufacturés contre les produits naturels de son sol et l’initièrent à la culture des céréales, de l’olivier et de la vigne, sans lui imposer la moindre sujétion. D’après J.Jehasse, les fouilles d’Aléria confirment ses faits. Sous le podium du temple on trouve des céramiques de Phocée, des poteries de Rhodes et d’Ionie. Ces fouilles incitent à concevoir une civilisation pré-romaine où se fondent les éléments grecs, étrusques, puniques et indigènes.
Au début du IIIeme siècle av.J.C la Corse passa sous le contrôle carthaginois. Pour rompre l’encerclement punique, le consul Lucius Scipion s’empara d’Aléria en 269 av.J.C. En -81, Sylla transforma l’ancienne cité en une colonie militaire. En -16, César y démobilisa les légions qui avaient combattu contre Pompée et en -24, il y fit une nouvelle implantation de vétérans.
Les insulaires, riches de traditions millénaires, d’indépendance, protégés par des montagnes aux flancs abrupts et des gorges profondes, résistèrent farouchement, pendant cent ans, aux célèbres légions romaines.
De nombreux prisonniers se laissaient mourir de faim, plutôt que de devenir esclaves. Les montagnards pillaient les récoltes des colons qui les chassaient de la plaine d’Aléria et ils se réfugiaient dans leurs maquis pour résister aux opérations punitives, ce qui amena Sénèque à dire que les Corses ne savaient que voler et se venger.
Il y eut les révoltes en 258, 235, 234, 230, 231, 285, 188, 172, 163 et 168 av.J.C
Enfin Scipion Nasica parvint à pacifier l’île.
Aléria devint alors la capitale d’une province, dotée d’une garnison militaire, d’un point d’appui pour la flotte de Misène et d’un port de commerce d’où s’exportaient, vers Rome, les produits naturels de l’île.
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| l'expansion romaine |
| | L’EXPANSION ROMAINE
EN CORSE
---------------------------------------
Les vastes cultures entreprises, dans la plaine orientale par les vétérans de Sylla, César et Auguste, firent tache d’huile et gagnèrent les premiers contreforts montagneux.
Le long des chemins qui reliaient Aléria à la dépression centrale de l’île, jalonnés par les autels consacrés à Mercure (la Mercuraccia à Zuani, Castellare di Mercurio dans le Bozio et Ste Lucie de Mercurio dans le Talcini), s’élevèrent quelques bourgades, telles que Alonia (Tallone).
Dans la lutte contre Carthage, Rome eut besoin des produits corses. Elle distribua les terres les plus riches de la plaine à des capitalistes romains, sous forme de « procoji » de quelques centaines d’ha l’un. Grâce à une main d’œuvre bon marché d’esclaves et de journaliers miséreux, elle en tira de grandes quantités de céréales, olives, raisin, miel, cire, sel, liège, bois et aussi des crustacés, des poissons salés, des minerais, des eaux thermales et minérales (Puzzichello, Pietrapola).
Les petits propriétaires corses vivaient sur des lots moins fertiles. Accablés de taxes, ils devenaient la proie des usuriers romains. Aussi certains s’engagèrent-t-ils dans l’armée romaine ou dans la classe des petits fonctionnaires. Beaucoup se réfugièrent dans le banditisme, s’attaquant même aux convois militaires. Un jour ils pillèrent celui qui transportait à Rome le tribut de la Sardaigne. Ils livrèrent bataille aux romains au champ des Myrthes (La Morta). Poursuivis dans la montagne, ils tendirent une meurtrière embuscade à leurs ennemis dans les environs de Vezzani. Pendant les guerres puniques, le frère d’Hannibal vint combattre à leurs côtés.
Seuls quelques rares Corses parvinrent à se mêler aux propriétaires romains.
Lorsque ces derniers, maîtres d’un grand Empire, n’eurent plus besoin de se ravitailler dans l’île, la plaine d’Aléria fut délaissée et livrée à la malaria. La vie pastorale reprit le dessus et s’étendit sur les terres incultes et vacantes de la plaine.
La décadence de l’Empire Romain d’occident entraîna celle de la Corse. L’église devint alors seule puissance détentrice du pouvoir central et politique hérité des Romains.
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| le christianisme |
| | IMPLANTATION DU CHRISTIANISME
DANS LA REGION D’ALERIA-ZUANI
-----------------------------------------------------
D’après la légende, St Paul, se rendant en Espagne vers +59, passa par Aléria et chargea son disciple, Eulobus, d’évangéliser la ville. Son œuvre fut poursuivie par d’autres missionnaires apostoliques, venus d’Italie. Dès le IIeme siècle ap.J.C, la communauté chrétienne d’Aléria fut assez nombreuse et organisée pour choisir des évêques dans son sein. Marius en 145, Marcus en 296, Dimitrius en 361 étaient Corses.
En 300, lors des persécutions ordonnées par Dioclétien, Aléria eut ses martyrs. Ste Dévote et Ste Laurina y furent certainement mises à mort. Santa Laurina fut honorée, plus tard dans une chapelle bâtie sur les ruines des thermes romains. Selon la légende, le corps de Ste Dévote, confié à un esquif et guidé par une colombe, s’échoua dans le petit golfe de Monaco.
L’Empire romain d’occident s’écroula au Veme siècle, mais le christianisme lui survécut et installa ses évêques dans les vieilles villes romaines de la côte : Aléria, Mariana, Nebbio, Ajaccio, Sagone.
De tous ces évêchés, celui d’Aléria, qui fut le premier, resta le plus important. La religion nouvelle se superposa en quelque sorte au paganisme expirant. Dans le forum d’Aléria, elle éleva une chapelle sur le portique du temple consacré culte impérial. On donna le nom des Saints aux lieux élevés et aux croisements des routes. On trouve à Aléria, outre St Marcel, titulaire de l’église paroissiale, Ste Laurina, Ste Amanza, San Salvadore, San Giuliano, San Giovani, Ste Marie, San Quilicus. Sur le chemin d’Aléria à Zuani, on passe par St jean, St Quilicus, Ste Marie, Ste Anastasie. A Zuani on peut citer San Cervone, San Martino, San Michele, San Filippo.
Dans le pourtour de la Pieve della Serra s’élèvent les monts ou cols de St Appiano, San Gavino, Santa Servanda, St Pancrace, San Comizio, San Cervone.
Au croisement des chemins comportant une source s’élevèrent des ermitages. Sur le territoire de Zuani, il y en eut deux : à la Fontana de la Romita ou « L’Eremita », et à la fontaine du « Monaco ».
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| La création de la Corse |
| | A l'origine, la Corse, la Sardaigne et la Provence, forment un seul ensemble géologique.
C'est pour cette raison, que tu peux observer des similitudes entre la Corse et le mont Estérel qui se trouve en Provence.
Un phénomène de rift (l'effondrement d'une partie de l'écorce terrestre) se produisit 21 millions d'années avant JC et le bloc corse et sarde se détacha du continent, il dériva dans la Méditerranée.
La faille s'élargit, la Corse et la Sardaigne pivotèrent d'un angle de 30 degrés en sens inverse des aiguilles d'une montre, pour atteindre sa position actuelle, 2,5 millions d'années plus tard.
5,5 millions d'années avant JC, il y eut une crise de salinité, la méditerranée contenant plus de sel, le détroit de Gibraltar se ferma et la Méditerranée s'assécha pendant 500 000 ans. Il ne subsista que des lacs salés alimentés par des fleuves.
Le détroit de Gilbratar s'ouvrit à nouveau, La communication avec l'Atlantique reprit et la Corse redevint insulaire.
Au Quaternaire, il y eut quatre glaciations successives, et le niveau marin baissa, ainsi, la Corse fut reliée à la Toscane (Italie) par le pont tyrrhénien (la Tyrrhénide était un continent aujourd'hui disparu qui occupait le centre de la Méditerranée actuelle). Il y a un million d'années, des espèces animales colonisent la Corse par ce pont.
Vers 600 000 ans av JC, le niveau marin remonta, la Corse se sépara définitivement du continent par suite de la disparition du pont tyrrhénien sous les eaux de la méditerranée, qui la reliait au nord de la Péninsule italique.
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| La Révolution Corse |
| | En décembre 1729, révolution paysane, dirigée contre le paiement de l'impôt (il y avait eu une famine en 1729), éclate dans le Boziu et s'étend aux régions environnantes.
Bastia est mis à sac en février 1730.
D'abord réticent, les notables étaient plutôt du coté des Gênois, mais ils se rangent du coté des paysans corses lorsque le sang corse coule en mars 1730.
Trois notables sont proclamés Généraux de la Nation Corse en décembre 1730 : Luigi Giafferi, Andréa Ceccaldi, et l'abbé Raffaelli d'Orenza représentant les trois ordres de la nation (populaire, noblesse corse et clergé).
Encadré par les notables, la jacquerie se transforme, dès 1730, en révolution politique. Gênes, dépassé par l'ampleur de la révolte, fait appel aux troupes de l'empereur Charles VI.
Vaincues en 1731, elles reçoivent des renforts et soumettent les rebelles en 1732.
Gênes accorde des concessions garanties par l'empereur.
Mais, dès 1733, après le départ des troupes impériales, les révoltes reprennent dans le Rustinu dirigées par Giacintu Paoli (pére de Pasquale). L'événement politique majeur de cette deuxième insurrection est la consulte nationale qui se tient à Orenza en janvier 1735.
L'avocat Sebastiano Costa rédige la Constitution Corse.
Le Dio vi salvi Regina est adopté comme hymne national corse.
L'image de l'Immaculée Conception de la Vierge figure désormais sur les étendards des insurgés.
L'exécutif est confié à trois primats : Giafferi, Paoli et Ceccaldi.
En avril 1736, un aventurier allemand, le baron Von Neuhoff arrive en corse. Les primats se disent :"tiens ca ne serait pas mal si on en faisait un roi de celui là", et c'est ainsi que le baron Von Neuhoff devint Théodore Ier roi de Corse. Il quitta l'île dès novembre 1736.
La convention franco-génoise de 1737 permet à la France de débarquer à Bastia en février 1738.
En juillet 1739, les Corses se rendent et leurs chefs sont exilés à Naples, dont Paoli qui emmène son fils Pascal.
En 1741, au départ des français de la Corse succède la troisième insurrection corse.
Le consulte de Boziu, en mars 1743, institue la régence pour le royaume de Corse. Mais, en novembre 1745, une alliance austro-sarde s'empare de Bastia repris par les génois en 1746.
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
| La Corse indépendante |
| | Pascal Paoli débarque le 29 avril 1755 à Aléria et est élu Général de la Nation le 14 juillet 1755.
Paoli n'est pas accueilli comme un homme providentiel par tous les corses et devra affronter durement pendant deux ans les Matra, héritiers de Gaffori, et leur partisans avant de s'imposer sur toute l'île hormis les villes côtières génoises.
En novembre 1755, Paoli fait voter la constitution nationale corse à la consulte de Corte. Cette constitution, extrêmement moderne, instaure une justice et un gouvernement représentatif et établit la séparation des pouvoirs et fait l'admiration de l'Europe des lumières dont, surtout, Jean-Jacques Rousseau.
La Corse a été la première région du monde à se doter d'un état démocratique moderne avant même la guerre d'Indépendance américaine et la Révolution française.
Paoli choisit Corte comme capitale de son gouvernement de la nation corse.
Calvi et Algajola étaient des villes toutes dévouées à Gênes, Pascal Paoli leur donne une cité concurrente. Il fonde, en 1758, l'Ile Rousse sur l'emplacement d'une ancienne cité romaine, pour concurrencer ainsi les présides génoises de Calvi et d'Algaiola.
Pour lutter contre le blocus maritime génois, Paoli met sur pied une petite marine de guerre d'une quinzaine de navires qui arborent le pavillon à tête de Maure. Le drapeau national corse avec la tête de Maure est adopté en 1760 en remplacement de l'Immaculée Conception de la Vierge.
Paoli décide de relever sur le front de la tête de Maure le bandeau qui couvre les yeux ; " les corses veulent y voir clair ".
Il crée, en 1760, une imprimerie nationale à Campulori qui publie le premier journal officiel corse intitulé Ragguagli dell'Isola di Corsica (Rapport de l'île de Corse). En 1762, le Cap Corse se rallie à Paoli à la consulte de Luri. Il décide de frapper une monnaie à l'effigie de la tête de Maure en 1762 à Murato.
Il crée, en janvier 1765, une université à Corte qui enseigne la théologie, le droit civil et canon, l'éthique, la philosophie, le dogme et les sciences et dont les études sont gratuites.
Par le traité de Versailles du 15 mai 1768, Gênes cède la souveraineté de la Corse à la France pour dix ans en gage d'une dette annuelle.
La conquête de la Corse se fait en deux campagnes :
la première voit, en juillet 1768, les troupes françaises occuper le Cap Corse mais subir une grave défaite à Borgo le 9 octobre 1768.
La seconde ne dure que quatre jours : l'armée de Paoli est écrasée à Ponte Nuovo le 8 mai 1769 (4 324 morts). Pascal Paoli part en exil le 13 juin 1769, en Angleterre.
A Ajaccio en 1769 : naissance de Napoléon Bonaparte
|  | | > Commentaire(0) | |
 |
 |
 |
| Août 2008 |
| L | M | M | J | V | S | D |
| | | | | 1 | 2 | 3 | | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | | | | | | | | | | << >> | |
 |
|
|
|
 |
Toute la Corse sur Club-Corsica.com |
|